L'Histoire des Pingouins

- Par Antoine Bellot -
Épisode XXXVII
Retour vers l'Ether

Malgré la diversité apparente des amusements qui semblent m'attirer, ma vie n'a qu'un objet: elle est tendue tout entière vers l'accomplissement d'un grand dessein. J'écris l'histoire des Pingouins.

Anatole France: l'île des Pingouins

«N'ai-je point un aspect plus humain, ainsi, mon bon maître?»

Jean n'écoutait pas les jacassements de Barney, se concentrant sur les plops réguliers du moniteur d'Ether. Il disposait encore de quelques instants de quiétude sur les eaux miroitantes et paisibles des canaux du réseau Central avant de franchir la porte d'Ether. Assis à l'arrière, Chico restait silencieux.

Jean n'arrivait pas à retrouver ses sensations. Les mécaniciens avaient dû procéder à d'importants aménagements de châssis pour lui permettre d'embarquer la machine virtuelle impériale: nouveau processeur, double interface skeuzi, extension mémoire, disque et bus de swap, sans compter quelques corrections de noyau pour une gestion plus sévère des ressources. Et malgré tout cela, il avait l'impression de piloter un monstrueux chamallow. Son châssis était comme... Mou, flasque, avachi, anémié étaient les qualificatifs qui lui venaient le plus facilement à l'esprit.

«Alors, si on clique ici... Pas trop fort surtout, pas trop vite non plus... Ha, ça y est, ça linke, la fenêtre arrive. Il y a écrit quoi dedans? Zut, ça core... Ha bon, ça se relance tout seul, ça va venir. Anticiper... Il fallait anticiper... Fermer l'aide en ligne halacon, fermer ça aussi, bordel, ça se règle où? La barre un peu à droite... Ça y est: tiens, c'est ça Stallman Office? C'est quoi cette fonte de daube?»

Barney, désoeuvré, s'ennuyait ferme. Chico avait visiblement choisi de laisser faire Jean, mais observait silencieusement les indicateurs de température. Sous sa direction, les mécaniciens avaient laissé à Jean le soin de se démerder à câbler les périphériques du châssis avec la machine virtuelle impériale (tout en lui recommandant la plus extrême prudence). Ils lui avaient aussi remis un monceau de documentation estampillée Alpha radioctive software: trust no one. Jean n'avait encore rien lu de tout cela, et contemplait avec horreur le volumineux Gnu Network Objects Model Environment Abstract, FAQ & Fine Manual qu'il avait déterré à la bibliothèque.

Jean n'avait jamais été du genre à lire la doc avant de démarrer le châssis, même avant d'entrer dans la Rébellion. La doc, c'est pour les faibles. Un logiciel, ça se conduit à coups de bottes, genre «j'intuite la conf'», et si ça fait chier mémé, ça va à la casse direct. De toutes façons, si la doc est grosse, c'est que le logiciel est compliqué, donc c'est un mauvais logiciel. En plus, la doc, c'est souvent le genre de trucs qui prétend expliquer de manière compliquée pourquoi résoudre un problème apparemment simple est compliqué (et donc sous-entendre que le mec qui a trouvé la solution compliquée, il est achement lèzba, genre Momo qui mange huit carambars à la fois). Ziang avait bien dit «la simple existence d'une solution complexe ne démontre pas la non-existence d'une meilleure, car plus simple.» Mais bon, sur ce coup-là, il n'avait pas choisi la solution, et manque de bol, elle était complexe, mais, au fait, quel était le problème?

Il avait pris la précaution d'emporter une pile de manuels (et les archives intégrales des codes sources de la Rébellion), des fois qu'il se retrouve planté dans un quelconque sordide coin d'Ether le moteur en vrac. C'était une éventualité très envisageable vu le nombre de bouses logicielles qu'il se coltinait en soute. Plutôt remuantes les bouses, d'ailleurs. Deux, voire quatre CPUs n'auraient pas été de trop pour les calmer. Il imaginait la baston dans la soute: «Couchés, couchés, les petits processes, le marchand de sable va passer, lâche-moi ce fichier tu veux bien, non? Attention Papa va sortir le sigkill!!! Et toi, là-bas, le p'ti vicieux en short, arrête de te chier dessus, ou tu vas finir dans /dev/null!!! Non, non, non, je t'ai déjà dit qu'il n'y A PAS DE CÉDÉROM ADIBOO DANS LE LECTEUR ET personne ici ne s'appelle E:\!!!»[15]. Init, c'est vraiment une vie de merde façon nounou-punk avec tous ces rejetons insupportables à gérer. Pas étonnant que Barney soit complètement jeté!

Mais après tout, cette situation qui aurait semblé ingérable à un spécialiste OS/390, n'était guère que le mode de fonctionnement normal d'un vaisseau de ligne impérial classique. Et force était de constater que ça n'empêchait pas les impériaux d'envahir l'Ether en masse. Leur gros truc, c'était la redondance: puisque les châssis impériaux ne sont pas fiables, même par beau temps, vent quart arrière force 2, on en met plusieurs (2, 4 ou 8), et avec un bazar Haltéon ou équivalent pour répartir les demandes. On prie pour qu'au moins un d'entre eux reste allumé un week-end entier, histoire que les zélotes puissent quand même aller dormir entre deux reboots. La ruse ultime, c'est le Wake-On-Lan: on garde quelques-unes des machines éteintes, et on programme leur allumage à distance si trop de machines allumées sont en panne. L'intérêt, c'est qu'une machine impériale éteinte tombe moins souvent en panne que si elle est allumée, donc, que la durée de bon fonctionnement de l'ensemble est statistiquement améliorée. Et puis tant qu'à faire, chaque châssis a une alimentation redondante, des disques redondants, des processeurs redondants, des pilotes redondants, des réseaux redondants, etc. Avec ça t'es peinard: le professionnalisme, c'est pas trop un truc de rebelles. Si on a surdimentionné la redondance, alors on fait de l'équilibrage de charge. Et si on a sous-dimentionné, au pire, il y a aussi un truc génial de FAI: le serveur de reboot. Une prise téléphone d'un côté, un bidule pour appuyer sur le bouton reset de l'autre quand l'admin téléphone au bon numéro, alerté par un logiciel de surveillance (redondant). Si avec ça, ça marche pas, c'est bien la fin du monde. Rigolez pas, il paraît que bientôt 50% du mail français passera à travers ce genre d'architecture, c'est vous dire si c'est bien.

Jean voyait les choses un peu différemment, par manque de professionnalisme, certainement, mais aussi de moyens. Peut-être aussi par mauvais esprit. S'il se chiait dessus, il envisagerait de réaliser ce prodige du source ouvert: le code porcif à deux balles improvisé à la mimine, ou, pour reprendre l'expression consacrée, qui fitte comme pépé dans mémé. Ça consistait le plus souvent à extraire des morceaux d'autres logiciels des archives de la rébellion, souvent conçus selon les mêmes méthodes. Il fallait ensuite assembler les morceaux de code judicieusement sélectionnés jusqu'à ce que ça tienne vaguement debout, et éventuellement que ça marche. La notion de judicieusement relevait de stériles querelles pseudo-techniques au bar sur le bon et le mauvais usage de trucmachin l'indien, mais tout le monde savait bien sans oser l'avouer qu'en fait ce n'était qu'une question de chance. Le truc, c'était d'aller aussi en chercher dans les newsgroups. Le code des newsgroups, par définition, c'est le genre de trucs tellement radioactif que même l'auteur aurait honte de le mettre sur un site Web, bien que, quelque part, il se dit que ça peut vaguement servir à quelque chose, le quelque chose en question pouvant cependant être sa gloriole personnelle. Bien sûr, ça pouvait aussi ne pas marcher, mais mieux valait ne pas y penser. Après tout, il suffisait alors de recommencer, en y mettant plus d'énergie. Il arrivait même que ça tombe en marche. Bien sûr, il fallait alors immédiatement publier le code produit, de préférence dans les news.

En y réfléchissant bien, face à un problème donné (et à supposer qu'on ait pu formuler le problème), il était rarement prouvé que pour trouver la solution, il soit moins coûteux ou plus rapide de trouver un génie et lui faire résoudre le problème, plutôt que de laisser une armée de fourmis essayer un peu n'importe quoi, au hasard ou selon des méthodes empiriques incluant le maraboutage. Par contre, ce qui était certain, c'est qu'un génie ne peut pas trouver de réponse à un problème mal formulé, à moins que le génie n'ait choisi de définir le problème lui-même. C'est sans doute pour cela que d'excellentes solutions existent quand elles sont fabriquées par des génies qui se posent à eux-mêmes les problèmes. Et c'est aussi peut-être pour ça qu'un génie qui est capable de résoudre ses propres problèmes peut être incapable de résoudre ceux des autres.

Être pilote, c'était cela: résoudre des problèmes dont on ne connaissait pas l'énoncé, et qui étaient généralement différents des questions qu'on avait posées aux pisseurs de code. À partir de là, ce qu'avait fourni le génie était au mieux une approximation de solution. Le pilote utilise des machines réelles, tangibles, pas des modèles. Un pilote, ça a des problèmes réels, et ce qui n'est pas formulé est précisément la distance entre le modèle et le réel, c'est à dire ce que gère le pilote. Ce n'est pas pour autant que c'est un génie, et il ne trouve souvent pas de solution durable... Mais parfois de bonnes solutions temporaires. Par contre, la seule chose qu'un pilote connaît toujours, c'est le cheminement par lequel il a appris à résoudre ses propres problèmes. C'est pour cela que les pilotes n'enseignent que la méthode pour devenir pilote, et ne résolvent aucun problème.

Finalement, ce code monstrueusement convivial avait quelques avantages pervers: comme on y comprenait rien, on ne maîtrisait rien. Il n'y avait qu'à se laisser glisser, et c'était finalement très reposant, très tentant. Le seul problème, c'est que tôt ou tard, l'imprévu surviendra, et que Jean avait intérêt à vite retrouver ses marques s'il ne voulait pas finir échoué sur un récif d'Ether.

Le châssis s'approchait lentement de la porte d'Ether, mû par la seule poussée initiale du routeur de Central. Jean hésitait encore à relancer ses programmes habituels dans les petites fenêtres de texte qu'il pouvait invoquer par l'interface vachtement conviviale. Dans sa petite fenêtre, Barney, amorphe, semblait le regarder. Une furieuse envie de repasser en console le démangeait.

«Ça ne me sert à rien tout ça... Rien...» grommela-t-il.

«Il te faut utiliser la souris: lance des xterms pour commencer, pour retrouver tes marques.» répondit Chico.

Il avisa d'un oeil distrait la souris. Ça devait être ça, le truc. Retrouver ses automatismes de neuneu enfouis dans les séances de déxintoxication du CaLUG.

Des icônes aux formes langoureuses rivalisaient de couleurs chatoyantes pour attirer son regard. Barney suivait de l'oeil le mouvement hésitant de la souris qui semblait mûe par un mélange curieux de désir et de raison: fallait-il cliquer sur la vache souriante, le rhinocéros jovial, ou le petit engrenage malin? Ha, oui... Il suffisait de laisser traîner le pointeur sur l'icône pour qu'elle s'anime, mais surtout qu'elle soit partiellement masquée par un petit texte explicatif. Bien sûr, le simple xterm était bien caché au fond de trois menus du mode expert. Mieux valait éviter les bidules pour l'instant, histoire de ne pas découvrir au mauvais moment quelque surprenante assertion des programmeurs de rhinocéros joviaux. Jean supposait que les programmeurs de logiciels qui estimaient judicieux d'orner leurs logiciels d'emblèmes plus débilisants les uns que les autres n'avaient probablement pas les mêmes assertions que lui sur ce que pouvait être un bon comportement logiciel: autant choisir un terrain qu'on connait, et à défaut, le plus simple possible.

«Ziang avait prévu tout cela!» pensa soudainement Jean. Cette simple phrase rallia le clan très fermé de ses certitudes profondes, même s'il ne savait pas vraiment pourquoi. Il avait appris à faire confiance à ces messages venus du fond de son être, qui lui transmettaient parfois d'étonnantes conclusions, fruits de raisonnements flous, de termes informulés. Dans sa mémoire figuraient tous les éléments qui avaient créé cette certitude. Il était simplement incapable de les ordonner, mais il savait de tout son être qu'un bon pilote raisonne souvent ainsi lorsqu'il doit prendre des décisions rapides. Il avait vu Schoelcher à l'oeuvre, capable d'analyser en quelques fractions de seconde un faisceau complexe de faits et d'en sortir une décision-clé qui emportait la bataille. Il savait maintenant que Schoelcher croyait simplement à son instinct, qu'il faisait les choses telles qu'il les faisait sans réfléchir, guidé par le simple bon sens et la foi en l'expérience. Mais il savait aussi souvent expliquer a posteriori ses décisions.

Ziang savait ce qui se passerait. Il avait aussi fait en sorte que Jean le sache. Le projet Pandora ne faisait que commencer, et Ziang était l'un de ceux qui l'avaient voulu ainsi, contre l'avis des pilotes de la Rébellion, les Orcam, les Kremps, les Schoelcher, et tous les autres. Ziang avait dit qu'il avait atteint un palier que nul autre rebelle n'avait encore atteint. Était-ce réellement possible? Certes, tant d'autres le regardaient maintenant avec le respect dû à un frère, un égal, un pilote fier et libre face à l'Ether immense et infini, loué soit son nom. Ziang avait une opinion plus complexe.

Jean avait choisi de laisser vivre Barney et Igolio, les monstres impériaux, et personne à Central n'avait osé le contredire (du moment qu'il les en débarrasse!). Jean avait apporté la solution, les scientifiques l'avaient longuement écouté, puis questionné sur ce qu'il avait appris des projets et méthodes de l'E-Empire. Certains avaient été étonnés. L'un d'eux, même, un certain Dars, avait quitté la salle fou de rage, hurlant que ce qu'il racontait était impossible, qu'il n'existait qu'une voie, et que les créatures impériales n'existaient pas sur cette voie. Même Jean avait compris que ses confrères lui reprochaient poliment de nier l'évidence.

Les scientifiques avaient conclu qu'ils devaient réfléchir, et l'avaient remercié. Il se doutait bien qu'il les reverrait un jour prochain. Jean pensait à Karim, et Éric... Il espérait qu'ils trouveraient un moyen d'inverser le conditionnement (c'était le terme qu'avait utilisé l'un des scientifiques sans être désapprouvé par ses confrères).

«Bon, va falloir se remuer un peu le popotin.» pensa Jean. La spirale tournoyante de la porte d'Ether approchait. Déjà, le crépitement du moniteur se faisait plus intense, trahissant l'approche d'un, non, de deux chasseurs qui franchirent bruyamment la barrière d'Ether en sens inverse, les moteurs en flammes. Jean reconnut immédiatement les équipiers de Kremps atterrissant en urgence, le châssis fumant par tous les trous, rebondissant avec fracas contre les bords du canal.

«Bon sang, ça morfle réellement, là bas.» Le CaLUG, sans nul doute. On s'y bat encore! Le vieux Schoelcher n'était pas du genre à se laisser choper sans mordre: c'était la r00twar, la vraie, plus un exercice. Il mourait d'envie de jeter toutes les bouses de la cargaison par la fenêtre et foncer là-bas. Il lui suffirait de tout virer, rebrancher la console, moteurs à plein régime, et on verrait bien... Avec son nouveau châssis, ces fils de putes de recruteurs impériaux en verraient de toutes les couleurs. Son court séjour à la GigaDot Corp. lui avait appris que les impériaux craignent les pilotes comme la peste, qu'ils s'empressent de les enfermer dans des univers clos et étriqués de procédures absconoïdes, sans doute par peur de ce qu'un pilote peut faire d'une machine impériale.

Le même genre de comportement que celui des demeurés qui s'offrent des chats pour leur limer les griffes, ou qui mettent des muselières à leurs clébards... Ils puent des pieds les pilotes? Tu veux que j'me mette du déo? T'aimes pas ma musique? Et tout ça pour avoir le droit de croûter?

Jamais ils ne prendraient un pilote à la Rébellion qui ne l'ait voulu, choisi, et supporté l'ire de ses compagnons (et huit recettes).

«Numérotation sur la porte d'Ether en cours: contact dans cinq secondes... Trois, deux, un.» énuméra soudain Chico.

Jean envoya immédiatement cinq xterms, remuant frénétiquement la souris par de multiples mouvements répétitifs et probablement conviviaux. Barney, l'air affolé, essayait désespérément de le suivre des yeux, affichant un air de totale incompréhension. Il nota devoir rapidement trouver un moyen simple pour les ordonner et basculer de l'un à l'autre.

Le mano indiquait qu'il commençait à manquer de mémoire pour le cache disque. Il savait pourtant que tous les slots du châssis étaient pleins.

«Tu sais que tu commences à grommeler tout seul?» déclara Chico en riant. «Tu me rappelles vraiment de plus en plus le vieux Schoelcher. Relax, tu verras, ça ira bien: ce n'est qu'un nouveau type de brouette à piloter!»

Jean n'était pas certain que dans la bouche de Chico, ce soit réellement un compliment. Mais en ce qui concernait la brouette... Il n'avait pas tort.

Le voile d'Ether se déchira soudainement. Sous les yeux toujours émerveillés de Jean s'étendaient les lueurs d'autres portes ouvertes sur les mille lieux possibles de sa prochaine errance. Il se souvint soudainement qu'il ne savait absolument pas ce qu'il allait bien pouvoir faire. Il vit, derrière lui, Chico le regarder et lui sourire dans le reflet de sa console.

«Je pourrais jeter un oeil sur l'Ether? Juste un oeil...» demanda soudainement Barney. Un grondement sourd s'échappait de la soute, les cris des rejetons démoniaques d'init. Eux aussi voulaient voir l'Ether, acquérir des informations, les écrire, les relire, les échanger, accéder aux équipements, ouvrir leurs services. Le noyau rugissait de colère devant l'assaut des demandes et distribuait les baffes à qui mieux-mieux, accaparant le processeur. L'indicateur de température monta au-delà de 30 degrés. Jean inspira un grand coup, cliqua sur une fenêtre et commença à programmer une trajectoire. Sans doute valait-il mieux dans un premier temps se diriger vers Basse Tille par des chemins détournés. Ce serait plus long, mais il ne savait pas ce que laissait transparaître sa signature Etherale, et mieux valait ne pas risquer de compromettre l'un des derniers havres de paix de l'Ether. Il avait besoin d'aide, aussi. Les mécaniciens de Central n'en savaient pas assez pour l'aider.


[15]. More info: http://tnemeth.free.fr/fmbl/chroniques/index.html


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Fiche mise à jour le mardi 18 mars 2003.
Thomas Nemeth
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